Ô Jardin Labastide est
un habitat
participatif
de plutôt
grande
envergure,
regroupant 70
personnes,
dont 40
adultes et 30
enfants, né
sous
l’impulsion du
collectif «
Rabastens en
Transition »
(mouvement
Villes en
Transition, de
Rob Hopkins),
il y a environ
sept ans. Le
projet a été
monté en
accession à la
propriété via
le Bail Réel
Solidaire (qui
dissocie le
foncier du
bâti), avec le
Comité Ouvrier
pour le
Logement (COL)
pour 26
logements, et
avec le
bailleur
social Tarn
Habitat pour 4
logements en
location. Pour
le groupe, il
était
primordial
d’avoir un
collectif
mixte de
statuts et
d’âge : on y
retrouve un
tiers de
personnes
seules, un
tiers de
familles et un
tiers de
personnes
seniors.
L’arrivée dans
le collectif
Roxane, son
compagnon et
leur enfant de
3 ans et demi
sont arrivé⸱es
dans le projet
tardivement,
environ un an
et demi avant
la fin des
travaux. Ils
sont alors
deux foyers à
intégrer le
collectif à ce
moment-là, et
seront suivis
de deux
derniers
foyers
supplémentaires.
Le groupe est
alors bien
constitué et
beaucoup de
choses ont
déjà été
pensées et
mises en place
par d’autres
membres du
collectif,
dont certains
sont
d’ailleurs
partis en
cours de
route. Comme
dans beaucoup
de projets
d’habitats
participatifs,
lors de la
phase
d’identification
du foncier,
puis
d’émergence du
projet et de
construction,
le collectif
change et
évolue, avec
des départs et
des arrivées
en fonction
des moments de
vie et
attentes de
chacun·e.
Au moment où ils commencent à réfléchir à leur envie de vivre avec
d’autres personnes, Roxane et son compagnon vivent encore à Toulouse.
Ils tombent alors sur une annonce d’un collectif d’Ô Jardin Labastide : «
On fait une première réunion d’information en visio et c’est le coup de
foudre ! Le projet tombe vraiment à pic, il répond entièrement à nos
idées, nos valeurs et nos envies. » Le couple suit ensuite les
différentes étapes du processus d’intégration prévu par le groupe
d’habitant·es : ils visitent le terrain en chantier, puis participent à
une première réunion en plénière et sont ensuite marrainés par un foyer
déjà membre du collectif. Enfin, la dernière étape est l’intégration
d’un des groupes de travail du projet. « Nous avons décidé de prendre
6 mois pour réfléchir et prendre la décision de rentrer ou non dans le
collectif. Ces six mois sont vraiment un temps nécessaire pour
comprendre dans quoi on s’embarque : cela demande la rigueur, être à
l’écoute et disponible. »
Un collectif et plein d’outils pour vivre ensemble
Le collectif est organisé en plusieurs groupes de travail (GT) : archi,
communication, asso, vivre ensemble et des groupes éphémères. Le Groupe
communication, dont fait partie Roxane, travaille notamment sur le lien
avec l’extérieur et le territoire : « Actuellement, on se rend compte
qu’on pourrait passer des semaines entières dans l’habitat, sans
forcément en sortir car il y a beaucoup de choses à gérer et à faire
ensemble. Il y a un risque d’entre-soi qu’on ne souhaite pas prendre.
Notre groupe de travail a donc pour objectif de se tourner vers
l’extérieur, donner à voir et faire connaitre Ô Jardin Labastide, et
aller voir ce qu’il se passe chez les autres. »
Plusieurs actions ont déjà été mise en place pour faire le lien avec le
territoire : participation aux Journées Portes Ouvertes de septembre
(coordonnées par Habitat Participatif France), Fête des voisins,
distribution de flyers pour faire connaitre Ô Jardin Labastide, mais
aussi aller voir et s’ouvrir à ce qui se passe chez les autres. La
commune compte en effet un autre habitat participatif, Les Amarres,
installé quelques années plus tôt. A terme, la salle commune sera
ouverte sur l’extérieur car « l’envie de faire venir des concerts et des
spectacles, d’ouvrir le lieu vers l’extérieur et de faire vivre le coté
culturel et évènementiel du village, est bien présente au sein du
groupe, mais sans urgence, en prenant le temps de mettre les choses en
place. »
Côté organisation collective, une réunion plénière mensuelle est
organisée avec l’ensemble des habitant⸱es. L’ordre du jour est travaillé
en commun, avec une répartition des temps de paroles par groupes de
travail. En parallèle, chaque mois, des temps de travail d’action
collective (construction, jardin, etc.) d’une demi journée à trois jours
ont été mis en place. Beaucoup d’outils ont été mis en place pour
faciliter la vie du groupe : charte commune, pacte relation, formations,
etc. « En termes de gouvernance partagée, on a beaucoup d’outils et
c’est très structuré ! C’est important de se reposer sur les outils et
de ne pas lésiner sur la formation et la médiation. »
Le groupe de travail Vivre ensemble est particulièrement actif,
notamment en cette phase d’emménagement récent. Ses membres sont
notamment en charge d’organiser les « fêtes du nous » (une à chaque
saison) au sein de la maison commune ou de proposer des formations ou
médiations :
« On avait tous très hâte de vivre dans les lieux et de s’installer.
Cela n’empêche que nous avons besoin de médiation et de formation :
c’est très important de se former, d’acquérir les outils pour le vivre
ensemble. Vivre en collectif, ce n’est pas inné, ça s’apprend. Cela
réanime des réflexes qui sont basés sur d’autres modèles, d’autres
façons de faire. Prendre des décisions en grand groupe, ça s’apprend et
ce n’est clairement pas la société actuelle qui nous l’apprend. »
Il a aussi des différences de rythme, en fonction de sa période de vie :
« entre les personnes âgées et les personnes actives avec enfants par
exemple, on n’est pas forcément à la même vitesse et ce sont des choses à
réguler. On est tous bien sûr très à l’écoute les uns des autres, mais
on voit qu’on n’est pas tous à la même vitesse. Certain⸱es ont envie de
faire des choses le plus rapidement possible, d’autres souhaitent
prendre plus de temps. »
L’entraide et la solidarité au centre
L’entraide et la solidarité se sont incarnées dans le collectif dès le
début avec les emménagements progressifs de chaque foyer dans leurs murs
: « on s’auto-déménageait les uns les autres, chaque foyer est
arrivé avec son camion, et on s’entraidait pour emménager. C’était très
émouvant et ça l’est toujours de voir l’entraide et la solidarité
s’incarner si concrètement au quotidien et de voir que cela marche. »
Le vivre ensemble est aussi très concrets pour les 30 enfants dans le groupe :
« C’est incroyable de voir aussi tous ces gamins, qui grandissent les
uns avec les autres. » L’entraide est très concrète sur la question des
enfants ou sur des bricoles du quotidien : « on a eu une fuite d’eau, on
était tous là avec nos bassines à essayer de réparer. »
Roxane conclut : « On sait pourquoi on est là. On a souvent tendance à
retenir les conflits, car c’est le plus spectaculaire. Mais la majeure
partie du temps on est très en accord et très dans l’entraide. On a
tous envie de bien faire, de faire des grandes choses et de les faire
ensemble ! »
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